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Trogne, arbre têtard : une longue histoire des arbres…

Trogne… dans le langage familier, ce mot évoque un visage grotesque, parfois comique, jamais beau mais forcément expressif. Pareil en peinture : dans ce domaine, une trogne est un portrait de genre, presque caricatural.
Mais lorsqu’on évoque les arbres, la trogne, ou arbre-têtard, c’est une très longue histoire aujourd’hui presque oubliée

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Dessin de trogne : les formes de l’arbre têtard débrident l’imagination des artistes.

Qu’est-ce qu’une trogne, ou arbre têtard ?

La trogne est avant tout un arbre à la silhouette caractéristique, due à un mode de gestion particulier : tout au long de sa croissance, la trogne a été élaguée d’une façon particulière : elle est étêtée et taillée au niveau du tronc ou des branches charpentières pour provoquer le développement de rejets, eux-mêmes régulièrement coupés. Peu à peu, cette opération cause un renflement au sommet du tronc. Les formes tourmentées des arbres têtards sont donc le résultat d’une lente transformation due aux nombreux bourrelets de cicatrisation en réaction à leur élagage et à leur étêtage périodique.

L’origine du nom…

Cette taille à la même hauteur, répétée pendant des décennies voire des siècles, donne à l’arbre l’allure de la larve de batracien qui lui a sans doute donné son nom, têtard. D’autres voient plutôt dans ce nom l’évocation d’un cou surmonté d’une grosse tête chevelue, ce qui ramène d’ailleurs à la dénomination de trogne.

« Trogne » dans le Perche, « Touse » en Picardie… plus de 100 noms locaux ont été recensés dans les campagnes françaises et européennes pour désigner ces drôles d’arbres tordus, déformés, bosselés, torturés, qui jalonnent nos campagnes et qui étaient jadis indispensables à la vie quotidienne et économique.

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Saule têtard en bordure de rivière Ariège, entre 1859 et 1910. Source Wikipedia / Bibliothèque de Toulouse

Le rôle des trognes dans les campagnes

On rencontre généralement davantage de trognes dans des régions dépourvues de grandes forêts, celles-ci ayant été déboisées pour laisser place aux cultures ou aux pâturages. Les arbres têtards fournissaient alors le bois nécessaire à la vie quotidienne. Au moyen-âge, dans la paysannerie française, très peu de paysans étaient propriétaires de leurs terres. La plupart exploitaient et cultivaient les terres des autres, en fermage ou en métayage, et disposaient du revenu des terres et des arbres présents sur ces terres, à l’exception du fût de ces arbres. D’une plus grande valeur marchande, ce dernier restait la propriété du bailleur. Les paysans prenaient donc soin des arbres pour bénéficier du bois des branches.

De tout temps, les arbres ont ainsi été taillés en hauteur, de main d’homme, pour mettre hors de portée des herbivores les repousses qui étaient fort utiles à la vie quotidienne : selon les régions, les époques, les essences d’arbres, elles devenaient objets de vannerie (saule…), manches d’outils, piquets, fagots et bois de chauffage (dégageant pour le four à pain une chaleur rapide et intense), feuillage utilisé en fourrage d’appoint pour les bêtes (orme, frêne…), fruits servant à engraisser les porcs (châtaignier, chêne, hêtre…).

Le recépage (coupe pour obtenir de nouvelles pousses) intervenait environ tous les cinq ans. L’arbre se creusait souvent naturellement au centre, avec l’action conjuguée du temps, des bourrelets cicatriciels et des intempéries. À l’intérieur du tronc creusé, bois et résidus de feuilles formaient un terreau appelé «sang de la trogne », qui était propice à faire lever les semis. L’arbre têtard lui-même faisait parfois office de borne, à la croisée des chemins.

« la trogne est par excellence l’arbre de la modernité. […] Elle permet de remédier à toutes sortes de problèmes d’ordre écologique, économique, social, en milieu urbain aussi bien qu’à la campagne… […] Tout cela résulte de la profusion et de la diversité des éléments qu’elle fournit -importance de ses repousses oblige- mais aussi de ses réactions aux intempéries et de son allure unique, si impressionnante! »

Dominique Mansion, spécialiste des arbres taillés en trognes

Peu à peu, cette étrange silhouette torturée s’est imposée dans le paysage comme un menhir de bois. De nos jours pourtant, l’arbre têtard n’intéresse plus grand monde… Abandonné par une économie rurale où il ne représente plus rien, il est pourtant le vestige de notre longue histoire…

Pour en savoir plus

Centre Européen des Trognes

Le Centre Européen des Trognes à Boursay (Loir-et-Cher), dans les locaux de la Maison botanique, agit sur plusieurs axes : accueil et information auprès du public pour fournir renseignements, conseils, documents, organisation d’animations et conférences… Il s’engage aussi à promouvoir la sauvegarde et la création de trognes, et à sensibiliser les acteurs du monde rural à leur valeur patrimoniale en intégrant les arbres têtards dans les pratiques paysagères contemporaines.

Le centre recueille et recense également de nombreuses informations sur les trognes en France et en Europe, telles que :

  • savoir-faire (création des arbres têtards, entretien, utilisation…)
  • noms locaux (truisses, ragoles, émousses, tétiaux, queules…)
  • multiples usages
  • physiologie de l’arbre, influence des tailles sur sa longévité
  • essences concernées (saule, frêne, charme, chêne)
  • interactions avec la flore et la faune
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Les Trognes, l’arbre payson aux mille usages. Par Dominique Mansion, éd. Ouest-France

Un livre référence sur les trognes

Pour en apprendre bien davantage sur les trognes, on pourra lire le livre « Les Trognes : L’Arbre Paysan aux Mille Usages » de Dominique Mansion, aux éditions Ouest-France. L’auteur nous y détaille l’histoire et l’usage des arbres têtards, les causes de leur destruction et de leur abandon :

« Ce livre est une invitation à découvrir la culture et l’intérêt écologique de ces arbres oubliés. Il nous donne des clés pour comprendre ce formidable patrimoine végétal et faire en sorte qu’il retrouve sa place dans le paysage. »

Editions Ouest-France

Interview de Dominique Mansion

Un entretien avec Dominique Mansion, spécialiste français des arbres taillés en trogne, à lire pour approcher de plus près le monde des arbres têtards :

« J’ai pu admirer une trogne de chêne de 1300 ans bien vivante, dans le parc de Windsor. Pourtant, ces vétérans passent rarement le cap des 800 ans ! »

 

Mesurer la hauteur d’un arbre

L’habitude aidant, l’élagueur estime souvent la hauteur d’un arbre au juger, à l’oeil. Mais voici une petite astuce bien utile à ceux qui auraient besoin, simplement et sans outil, de mesurer la hauteur d’un arbre…

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La croix du bûcheron

La Croix du Bûcheron :

Cette technique très simple à mettre en oeuvre s’appelle la croix du bûcheron.

  • Prenez 2 baguettes de bois de même dimension.
  • Placez l’une d’elle, horizontalement, devant votre oeil.
  • Placez l’autre perpendiculairement, au bout de la première (voir schéma).
  • Positionnez-vous devant l’arbre, puis reculez jusqu’à ce que la hauteur de l’arbre corresponde à la hauteur de votre baguette verticale.
  • Mesurez alors la distance vous séparant de l’arbre (1 grand pas = 1 mètre…)
  • Cette distance sera égale à la hauteur de l’arbre.

Bien qu’un peu approximative, la méthode de la croix du bûcheron est pratique et efficace, davantage que les méthodes nécessitant 2 personnes, ou encore d’observer la dimension de l’ombre d’un arbre… qui ne fonctionne que par beau temps !

 

Les plus anciens Arbres du monde

Arbres remarquables… et travail fascinant de la photographe Beth Moon, qui nous offre de superbes photos des arbres les plus anciens du monde.

À cette époque où nous cherchons à préserver l’environnement, les arbres vont de plus en plus s’affirmer par leur puissante symbolique.

Beth Moon

Article disponible sur Kaizen Magazine, à découvrir absolument !

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Arbres les plus Anciens du Monde – Beth Moon

Astuce d’hiver pour les arbres fruitiers !

C’est l’hiver, et vous avez peut-être la chance de pouvoir faire des feux de cheminée… De temps en temps, pensez à récupérer les cendres de cheminée et à les épandre au pied de vos arbres fruitiers : en effet, la cendre contient de la potasse, bénéfique aux fruits. Lorsque vous plantez un nouvel arbre fruitier, vous pouvez aussi en verser un peu au fond du trou de plantation.

Vos arbres en bord de route

Propriétaires d’arbres bordant des routes, n’oubliez pas : l’élagage des arbres qui se situent en bordure des voies communales et communautaires est à la charge des propriétaires.
Chaque propriétaire doit procéder régulièrement à l’élagage des arbres dont les branches en surplomb peuvent menacer de tomber sur les voies communales ou communautaires.
Gardez un oeil attentif sur vos arbres, car la responsabilité de chaque propriétaire est engagée en cas d’incident ou de dégradation (chaussées, fossés, lignes électriques et/ou téléphoniques, véhicules, accidents corporels etc.)

Vous pouvez vous renseigner en mairie, et bien sûr n’hésitez pas à nous contacter pour votre devis ou des conseils sur la situation et les différentes possibilités d’intervention.

Les chenilles processionnaires…

Ces gros cocons blancs au bout des branches, vous les avez remarqués ?
Si vous en avez sur vos arbres, il faut intervenir : les chenilles processionnaires sont très urticantes et prolifèrent vite.

Un hôte indésirable

Très velues et couvertes de poils urticants, elles se développent principalement sur les pins (processionnaire du pin) ou sur les chênes (processionnaire du chêne). Leurs nids sont également urticants, et adoptent la forme de grands cocons blancs  abritant des centaines de chenilles. Ce qui pose problème et peut être dangereux pour la santé, ce sont les poils minuscules que les chenilles projettent en l’air lors de leur stade larvaire : un simple courant d’air transporte les poils. Leur caractère urticant provoque généralement de sérieuses réactions allergiques et des démangeaisons, voire des plaques et des œdèmes sur les parties du corps exposées : mains, cou, visage… des lésions oculaires et troubles respiratoires sévères peuvent survenir également, rendant ces chenilles tout à fait indésirables dans nos jardins. Les enfants, les animaux domestiques sont particulièrement vulnérables. Pour exemple, un chien atteint par les poils urticants peut développer une nécrose de la langue après  s’être léché, s’il n’est pas soigné rapidement.

Les moyens de lutte

Fort heureusement, des moyens de lutte existent pour enrayer la prolifération des chenilles processionnaires…

Cette année, il y a une grosse recrudescence de chenilles processionnaires en Ile-de-France : Arborethomme Elagage intervient proprement pour supprimer tous les nids présents sur vos arbres grâce au savoir-faire, à des protections appropriées et à une intervention jusqu’en bout de branche pour couper puis incinérer les branches  infestées, nids et chenilles.

Chenilles processionnaires du pin ou du chêne, pensez-y maintenant car en ce moment, elles sont en hibernation : c’est le moment d’intervenir pour être serein au printemps prochain !